Les cinq styles

Publié le par Phoenix

Le zhuan shu


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Le zhuan shu est le plus ancien des cinq grands styles de calligraphie chinoise, et ses premières traces apparaissent à la dynastie Shang ou Yin (v. 1700-v. 1100 av. J.-C.). Appelé aussi " écriture sigillaire " ou " écriture de sceaux ", il a de tous temps été employé pour graver les sceaux traditionnels et a dominé jusqu'à la première dynastie Qin "221-207 av. J.-C.).

Entre les dynasties Shang et Qin, la dynastie Zhou (v. 1100-256 av. J.-C.) et l'époque des Royaumes combattants (453-221 av. J.-C.), voient apparaître une Chine divisée et déchirée par des conflits permanents qui ne favorisent guère le développement des arts tels que la calligraphie. Si le zhuan shu est largement répandu, ses expressions et ses formes diffèrent d'un royaume à l'autre.

L'écriture est alors essentiellement destinée aux accessoires de cérémonie - inscriptions gravées ou peintes sur les tablettes commémoratives et les ustensiles sacrificiels en usage dans les palais et les temples et les messages sont plutôt courts. Les poteries peintes de cette époque attestent de l'emploi d'une sorte de pinceau rudimentaire, bien avant l'émergence de modèle moderne dont on attribue traditionnellement l'invention au général.Meng.Tian,.vers.250 av.J.-C.

Le li shu et cao shu



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Grand unificateur de la Chine en 221 av. J.-C., l'empereur Shi Huangdi (fondateur de la dynastie Qin) se lance dans le rétablissement de l'ordre, édictant des lois qui seront précisément transcrites sur papier et tout aussi strictement mises en application. Au début de son règne, on emploiera le zhuan shu, mais son apprentissage posera des difficultés qui ne conviennent guère au rythme de plus en plus soutenu de ces officiels exigences administratives.

Plus simples, plus faciles à déchiffrer et plus rapides à écrire, les styles li shu et cao shu s'affirment. S'ils en sont encore aux balbutiements, on commence à les utiliser de manière croissante pour la direction des documents officiels. Soulignons cependant que, dans la mesure où le li shu est plus facile à lire et à écrire que le cao shu, c'est lui qui deviendra le style officiel (aussi appelé "de fonctionnaire"). Avec l'invention du pinceau, l'écriture se répand également parmi le peuple, qui y a recours de manière croissante. En revanche, le papier n'ayant pas encore été inventé, on écrit encore sur de fines lamelles de bambou assemblées en rouleaux.

Dans sont souci de consigner par écrit le moindre événement, l'empereur contraint les fonctionnaires impériaux à manipuler des quantités considérables de rouleaux de bambou. On tente alors d'inscrire autant de texte que possible sur un seul rouleau, une pratique qui modifiera radicalement la structure de l'écriture li shu.


Le kai shu et le xing shu


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La dynastie Han (206 av. J.-C.- 220 apr. J.C.) se distingue par sa stabilité politique et sa prospérité économique. La calligraphie n’st plus seulement réservée à des usages cérémoniels ou officiels, et acquiert ses premières lettres de noblesse en tant que mode d’expression artistique. Le li shu demeure cependant le style favori tandis que les premières formes de kai shu et de xing shu font leur apparition. Ces écritures en gestation offrent, malgré leur inachèvement, des variantes que les lettrés, avides de nouveaux modes d’expression, accueillent avec le plus grand intérêt.

C’est également sous les Han que naît le papier tel que nous le connaissons aujourd’hui. En remplaçant les lattes de bambou, il confèrera à l’écriture une dimension tout à fait nouvelle. Après les Han, la Chine plonge à nouveau dans une ère de troubles et d’instabilité politique.

Le pays, sous la menace constante des tribus nomades du nord, se divise en de nombreux royaumes. Wang Hi Zhi (303-361), calligraphie génial de l’époque, contribuera à la diffusion de xing shu – un style à part entière – dans la population. Il se penchera également sur le kai shu petits caractères, et les œuvres signées de sa main feront figure de modèle pour les générations futures.

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